Digestion de l'enfant etvde l'adulte naturopathieUn peu de physiologie digestive

Nous n’allons pas traiter toute la physiologie digestive ici, seulement quelques faits notables, qui nous aideront à comprendre de quoi l’être humain a besoin pour bien digérer et être en bonne santé.

La digestion débute dans la bouche, grâce à la mastication qui coupe les aliments en morceaux et à la salive qui imprègne les féculents (céréales, pommes de terre) d’amylase, une enzyme qui les pré-digère. Elle se poursuit dans l’estomac où l’acide chlorhydrique va commencer la digestion des protéines. Ensuite, ce sont les enzymes envoyées par le pancréas (protéases pour les protéines, amylases pour les féculents et lipases pour les graisses) qui vont continuer le processus,juste avant que l’intestin grêle puisse absorber les nutriments utiles pour le corps.

Lors d’un repas, le pancréas s’attend donc à recevoir des protéines, des graisses (lipides) et des féculents. C’est la raison pour laquelle il envoie les enzymes permettant de digérer les trois catégories d’aliments. Les vitamines, les minéraux et les oligo-éléments ne sont pas digérés par des enzymes, ils seront absorbés.

    1. Digestion des féculents

« L’efficacité de l’amylase salivaire est optimale dans un milieu légèrement acide ou neutre (pH 6,75 à 7,00), comme celui qui est maintenu dans la bouche (…). »

D’après le site Food-info.net (Wageningen University Pays bas : http://www.food-info.net/fr/qa/qa-fp65.htm), presque tous les fruits ont pH très largement en dessous de 6 et avoisinant les 3,5 à 5. Par conséquent, un fruit mangé avec une tranche de pain, par exemple, mettra plus de temps à être digéré, car sa digestion ne se sera pas réellement débutée dans la bouche. L’amylase est détruite par une trop grande acidité.

    1. Digestion des protéines

Les protéines sont digérées en grande partie dans l’estomac grâce à l’acide chlorhydrique. C’est l’hormone,appelée gastrine, qui va déclencher la sécrétion de l’acide chlorhydrique mais aussi la simple vue d’un aliment que vous avez envie de manger.

« Plus le repas en riche en protéines, plus la sécrétion de gastrine (…) est élevée. »

« Le stress, la peur, l’anxiété et tout ce qui déclenche la réaction de lutte ou de fuite inhibent la sécrétion gastrique (…). »

Aussi, l’absence de protéines régulières dans l’alimentation et le stress (rapidité de la prise des repas, manque de calme, disputes, etc.) peuvent inhiber la sécrétion d’acide chlorhydrique sur le long terme. Ce manque d’acide chlorhydrique peut poser des problèmes de digestion.

    1. Quels sont les besoins en protéines d’un être humain ?

Un être humain a besoin d’environ 1 gramme par kilo de protéine. A ne pas confondre avec un aliment protéiné. L’aliment d’origine animale protéiné contient environ 20 % de protéines (soit 1/5 de son poids), les 80 % restants sont souvent de l’eau et des graisses. Naturellement, cette teneur varie selon l’aliment (viande, poisson, œufs, lait, fromage, etc.).

Aussi, pour connaître la quantité d’aliment protéiné que votre enfant doit absorber par jour, il suffit de multiplier son poids par 5 et de le ramener en grammes :

Exemple : un enfant de 20 kilogrammes doit recevoir 5 x 20 g d’aliment protéiné par jour, répartis en deux repas, soit 100 grammes ou 50 g à chaque repas.

«Ce sont les produits d’origine animale qui contiennent les protéines de meilleure qualité, c’est-à-dire celles qui sont présentes en plus grandes quantités et où l’on rencontre les plus forts pourcentages d’acides aminés essentiels. »

Si vous êtes végétariens, n’hésitez pas à donner un œuf (ou deux, selon son poids) par repas à votre enfant, qu’il soit en omelette, à la coque, mollet, au plat, en dessert, dans un gâteau, un cake salé, une tarte, etc. Veillez aux quantités qui permettent d’avoir l’équivalent d’un œuf ou deux.

Veillez à privilégier les cuissons où le jaune ne cuit pas trop, même si une omelette de temps en temps ne sera pas un problème. En effet, les graisses du jaune et les vitamines qu’il contient seront préservées.

On a pu noter une nette réduction, voire une disparition totale des rhinopharyngites et autres petits virus hivernaux, avec une quantité régulière et ajustée de protéines animales aux repas.

    1. Et les protéines végétales ?

Les céréales (blé, millet, orge, quinoa, riz, etc.) contiennent des acides aminés que les légumineuses (soja, maïs, petits pois, lentilles, haricots, etc.) ne contiennent pas, et inversement. Ce fait pourrait conduire à penser qu’en les mélangeant à chaque repas, la quantité d’acides aminés serait parfaitement atteinte.

C’est partiellement possible.

Attention cependant à quelques détails auxquels on ne pense pas toujours :

Le riz et le maïs contiennent environ 3 grammes de protéines pour 100g.

La quantité de riz ou de maïs nécessaire pour obtenir un bon ratio d’acides aminés, et donc de protéines, est assez importante. L’estomac peut être rapidement saturé par les féculents contenus dans les céréales et les légumineuses entraînant une faim peu après le repas. Cette faim est induite par le manque de protéines et ne s’apaise que temporairement par le grignotage.

Et si la personne parvient à manger une quantité importante de céréales et de légumineuses, cela peut représenter trop de féculents par rapport à ses besoins entraînant un problème de poids.

Par ailleurs, les protéines végétales sont plus difficiles à extraire pour le système digestif puisqu’elles sont situées dans une enveloppe de cellulose que nous ne digérons pas. Le corps humain n’a pas d’enzymes pour digérer les fibres de la cellulose. Elles sont, par contre, très utiles pour stimuler l’évacuation des selles. Et elles sont contenues dans les céréales complètes ou demi-complètes en quantité moins importante.

Certaines personnes ayant un mode de vie sain, beaucoup d’activité physique, un foie en excellent état et un système digestif très efficace peuvent assimiler quelques protéines végétales.

Quoi qu’il soit, si vous avez une famille végétarienne ou végane, observez votre enfant et rétablissez les protéines animales (même sous forme d’œufs, de fromages de chèvres ou brebis, et vaches si elle est tolérée) s’il a fréquemment froid (notamment aux extrémités), s’il manque d’entrain pour faire les activités du quotidien, s’il parle doucement (manque de fer), s’il est fréquemment malade et s’il ne parvient pas à se lever les matins.

Pour aller plus loin: L’alimentation de l’enfant selon la naturopathie partie 3

Note : Citations issues de l’ouvrage Anatomie et physiologie humaine d’Elaine N. Marieb et Katja Hoehn, 9ème édition Pearson.

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